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vendredi 22 août 2014

Les coups de coeur de Pierre Maenner



Le mieux et pour aller plus vite, c'est d'en citer un petit bout : « Chaque jour, l'homme va à la rivière et s'assied sur un tabouret métallique dans le courant rapide de la petite cascade. Là, de la poche intérieure de sa veste, il sort un livre et commence à le lire parmi les éclaboussures, l'écume et le rebondissement des lumières. En général, il faut une bonne heure avant que le livre soit trempé et lorsque l'homme ne parvient plus à tourner les pages sans les déchirer, il le jette à l'eau, en gardant un œil très intéressé sur l'éclat que prend alors la rivière, car il n'ignore pas la passion des truites pour la littérature. »
C'est un joli départ. Le reste du recueil est à l'avenant. La pêche jusqu'à la dernière ligne, et la fin dans laquelle l'homme et les poissons repartent du début, ce qui n'est jamais qu'une manière réjouissante de se mordre la queue.
LIRE « Grosses joies », Jean Cagnard, éd. Gaïa, 156 p., 17 €.


La fille de son meilleur ami, un ami qui évidemment a expiré dans ses bras et lui a fait promettre qu'il retrouverait cette fille inconnue et s'en occuperait, n'est pas une blanche orpheline. En prenant connaissance du challenge, on s'attend normalement à un truc dégoulinant de bons sentiments, nobles batailles et preux chevaliers servant à tout. Que dalle. La fille est une habituée des hôpitaux psychiatriques, mère divorcée séparée de son petit garçon, menteuse, buveuse, chapardeuse, enquiquineuse à haute dose. Lui non plus d'ailleurs n'est pas très clair, il traîne de vieilles gamelles derrière lui et continue de nourrir de funestes projets. L'association de ces deux individus qui ont dévié de la route ne peut pas donner grand-chose de constructif et en effet, leur aventure démarrée dans les meilleures intentions s'achemine doucement vers les pires complications.
LIRE «  La fille de mon meilleur ami », Yves Ravey, éd. de Minuit, 157 p., 14 €.
 



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