Rechercher dans ce blog

jeudi 29 août 2013

Clara, Jane et les autres



Il pensait qu’après Clara, il n’y en aurait plus d’autre. Il passe « de femme-pansement en femme-pansement, jamais vraiment seul, toujours vraiment seul. » Et puis, dans un bar où il boit trop, il rencontre Jane. Il la revoit, elle lui confie son mot préféré : « être ». Il va le conjuguer avec elle. C’est beau, comme ce texto : « La nuit était belle, Antoine, animal sauvage, mon cœur est rempli d’étoiles filantes. » Son mot préféré à lui, c’est « funambule ». En équilibre… instable. Ses histoires ne durent pas, même avec Jane, il tient tellement à sa sacro-sainte indépendance. Encore quelques mois de hauts et de bas, tout devient si compliqué. Et c’est la fin, Jane le quitte. Comme saisi par cette rupture, Antoine va créer 21 sculptures – c’est son métier - pour une exposition intitulée « Regarder l’amour de travers ». Et une nouvelle jeune femme, Lola, rentre dans sa vie, la vie de « l’homme qui avait peur d’aimer. »
LIRE « Solo », Éric Genetet, Le Verger éditeur, 136 p., 13,50 €.

mercredi 28 août 2013

OUI ! etc.



Henrik Pettersson, un marginal suédois (si, si, ça existe), trouve un smartphone dans le métro. C'est du très high tech, jamais il n'a vu ça. Ce téléphone affiche régulièrement le même message : « Tu veux jouer ? » Est-ce le hasard ? Henrik - dit HP – finit par craquer, clique sur « OUI », et va se lancer dans des missions de plus en plus périlleuses. Jusqu'au jour où il balance une pierre du haut d'un pont. Dans la voiture qui passe dessous se trouve notamment Rebecca Normén, appartient à l’élite des gardes du corps. Elle a vécu avec un homme violent et depuis elle se méfie. Seul compte son petit frère car il lui a sauvé la vie.
Avec brio, l'auteur nous entraîne dans une configuration ludique (qui rime ici avec énigmatique) de Big Brother. Les rebondissements s’enchaînent, haletants. On connaîtra le lien qui unit HP à Rebecca. On n’a qu'une hâte : lire la suite qui sort le 14 novembre prochain.
LIRE « Le jeu niveau 1», Anders de la Motte, éd. Fleuve noir, 419 p., 19,90 €.


vendredi 23 août 2013

La dame grise



Marie, la fille de Jean-Louis Fournier, c’est l’enfant que tout le monde voudrait avoir, belle, intelligente, une graphiste de talent. Il vient de la perdre. Elle était « charmante et drôle. Elle est devenue une dame grise, sérieuse comme un pape. » Elle est entrée en religion, on ne sait pas laquelle, dans les filets d’un homme surnommé par l’auteur Monseigneur, « un illuminé, mais il n’éclaire pas. » Elle ne donne presque plus de nouvelles à son père, ou alors c’est pour lui demander de l’argent. S’il n’en donne pas, elle le traite de « vieux gamin égoïste et sadique ». Elle multiplie les messes pour sauver son âme. Elle n’a plus jamais tort, médit de tout le monde. Papa, ironique et accablé, s’interroge : « Pourquoi, depuis que tu es à Dieu, tu es odieuse ? ». Même si, au fond,  il se dit que « l’important, c’est qu’elle soit heureuse », très vite, il s’inquiète : « Est-ce qu’elle est heureuse ? »
LIRE « La servante du Seigneur », Jean-Louis Fournier, éd. Stock, 160 p., 14 €.

jeudi 22 août 2013

Le coup de coeur de Pierre Maenner



Beaux ou pas beaux, qu’est-ce que ça peut fiche ? L’important c’est de se trouver. Ce type se cherche. Y’a pas que les ados qui se cherchent, ou alors ce sont des ados en quarantaine, des questions plein le sac et qui se mettent le sac à dos. Quarante ans, deux fois vingt, parfois vains, tu parles d’un rugissement. On y surprend déjà le râle qui exprime le ras-le-bol. Quarante ans, du bel âge déballage, celui où surgissent les grands questionnements. D’où je viens, mes aïeux, et qu’est-ce que je deviens, mes enfants ! Le présent qui passe de plus en plus vite au passé. De beaux, ne restent que les draps dans lesquels on se retrouve. C’est emmerdant ce sentiment de commencer sa fin. Beau comme un vieillard qui s’en va, du reste pas si beau que ça vers le bout. Un joli roman au total que cette addition de nouvelles qui s’enfilent comme des jours qui filent et ne sont beaux que parce qu’ils ne reviennent pas.
LIRE « Je nous trouve beaux », Cyril Montana, éd. Albin Michel, 187 p., 15 €.

vendredi 16 août 2013

Un sablier d’os



Maman perd la boule, elle s’affaire comme un lion en cage, elle panique et pleure sans cesse. Le déclin est à la fois lent et violent. Papa est épuisé, mais ne se résous pas à la placer. L’éternelle culpabilité. Les enfants se relaient et parmi eux Edwin, l’écrivain, qui tient ce « Livre d’heures ». Tout devient insupportable : se souvenir de qui elle était avant que la maladie ne la frappe; regarder son état en face.
Un monde s’en va : « Vous étiez le centre, toi et papa. Nous étions des enfants et vous étiez des parents. Un univers gravitait autour de vous. » Un univers qui s’effiloche, part en lambeaux. On s’interroge sur ce représente la vie en fin de compte.  Pas grand-chose quand on voit cette femme, autrefois si dynamique, n’être plus que l’ombre d’elle-même. Un fantôme hors de contrôle, « comme si j’étreignais un sablier d’os et de peau. » Alzheimer raconté avec beaucoup de tendresse, de force, de poésie.
LIRE « Psaumes balbutiés », Edwin Mortier, éd. Fayard, 190 p., 15 €.

Amis ?



Marc Schlosser, le médecin des stars, déteste le célèbre comédien Ralph Meier depuis que ce dernier a scanné avec concupiscence sa femme. Pire : ce « bon » docteur Schlosser a des vues (sexuelles) sur Judith, l’épouse de Meier. Deux raisons qui vont entraîner Schlosser à mentir quand Meier le consultera pour une boule douloureuse à la cuisse. Schlosser aurait pu le sauver. Il aura préféré se débarrasser de l’encombrant acteur.
Mais quelque chose à foiré, ô bien plus d’une seule chose. Schlosser est convoqué par le conseil de l’ordre. Ça le ferait bien rigoler si la tragédie, la vraie, n’avait placé ses banderilles : sa fille aîné, Julia, 14 ans, a été violée. Par qui, bon sang, par qui ?
Après « Le dîner », Herman Koch remet le couvert dans le registre de la comédie acide. Au menu : les compromissions avec nos soi-disant amis, sourires par devant, envies de meurtre(s) par derrière. Sinistre ou jubilatoire, au choix.
LIRE « Villa avec piscine », Herman Koch, éd. Belfond, 450 p., 21 €.