Le mieux et pour aller plus
vite, c'est d'en citer un petit bout : « Chaque jour, l'homme va à la
rivière et s'assied sur un tabouret métallique dans le courant rapide de la
petite cascade. Là, de la poche intérieure de sa veste, il sort un livre et
commence à le lire parmi les éclaboussures, l'écume et le rebondissement des
lumières. En général, il faut une bonne heure avant que le livre soit trempé et
lorsque l'homme ne parvient plus à tourner les pages sans les déchirer, il le
jette à l'eau, en gardant un œil très intéressé sur l'éclat que prend alors la
rivière, car il n'ignore pas la passion des truites pour la littérature. »
C'est un joli départ. Le
reste du recueil est à l'avenant. La pêche jusqu'à la dernière ligne, et la fin
dans laquelle l'homme et les poissons repartent du début, ce qui n'est jamais
qu'une manière réjouissante de se mordre la queue.
LIRE « Grosses
joies », Jean Cagnard, éd. Gaïa, 156 p., 17 €.
LIRE « La fille de mon meilleur ami », Yves Ravey,
éd. de Minuit, 157 p., 14 €.
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